Un audiogramme montre, pour chaque oreille, le son le plus faible que vous entendez à chaque fréquence. Les fréquences, en hertz, vont des graves à gauche aux aigus à droite, le plus souvent de 125 à 8 000 Hz. La perte, en décibels, se lit de haut en bas : plus la courbe descend, plus la perte est forte. En France, le degré de perte se classe selon la grille du BIAP, de légère à profonde.
Les deux axes
- Axe horizontal : la fréquence, en hertz (Hz). À gauche les sons graves, à droite les sons aigus. L’audiométrie tonale explore le plus souvent de 125 à 8 000 Hz.
- Axe vertical : l’intensité, en décibels (dB). Le 0 en haut correspond à une audition de référence. Chaque point marque le seuil, le son le plus faible que vous percevez à cette fréquence.
Les symboles et les deux courbes
| Symbole | Oreille | Mesure |
|---|---|---|
| o | droite | conduction aérienne (au casque) |
| x | gauche | conduction aérienne (au casque) |
| [ | droite | conduction osseuse (vibrateur derrière l’oreille) |
| ] | gauche | conduction osseuse (vibrateur derrière l’oreille) |
Ce sont les symboles de la plupart des audiogrammes. Votre compte rendu porte sa propre légende : fiez-vous à elle en priorité.
- La courbe en conduction aérienne mesure tout le trajet du son : conduit, tympan, osselets, oreille interne.
- La courbe en conduction osseuse contourne l’oreille externe et l’oreille moyenne : elle teste l’oreille interne.
- Quand la conduction osseuse est meilleure que la conduction aérienne, le défaut se situe sur l’appareil qui conduit le son : on parle de surdité de transmission.
- Quand les deux courbes descendent ensemble, l’atteinte touche l’oreille interne ou le nerf : surdité de perception.
Les degrés de perte (classification BIAP)
Le Bureau international d’audiophonologie classe la perte selon la perte tonale moyenne (recommandation 02/1 bis, 1997). C’est la grille que demandent les MDPH dans le bilan auditif d’un dossier de handicap.
| Degré | Perte tonale moyenne | Ce que la personne perçoit |
|---|---|---|
| Audition normale ou subnormale | jusqu’à 20 dB | atteinte légère éventuelle, sans gêne sociale |
| Déficience légère | 21 à 40 dB | parole perçue à voix normale, mal à voix basse ou lointaine |
| Déficience moyenne | 41 à 70 dB | parole perçue si l’on élève la voix, aide de la lecture labiale |
| Déficience sévère | 71 à 90 dB | parole perçue à voix forte près de l’oreille |
| Déficience profonde | 91 à 119 dB | aucune perception de la parole, seuls les bruits les plus forts |
| Cophose | 120 dB | rien n’est perçu |
Les pays anglo-saxons utilisent d’autres bornes (par exemple 27 à 40 dB pour une perte légère selon l’ASHA) : comparez toujours avec la grille citée sur votre compte rendu.
L’audiogramme vocal
L’audiométrie vocale complète la tonale : vous répétez des mots simples énoncés à différentes intensités. Elle mesure la compréhension, pas seulement la perception. Une compréhension faible dans le bruit, avec un audiogramme tonal normal, justifie un test vocal en environnement bruyant.
Et ensuite
- Le médecin ou l’ORL interprète l’audiogramme avec l’examen de l’oreille et décide d’un traitement ou d’un appareillage.
- Si un appareil est prescrit, la forme de la courbe oriente le choix du modèle : notre page sur les types d’appareils auditifs décrit contour, RIC et intra.
- Gardez une copie de vos audiogrammes successifs : la comparaison dans le temps est plus parlante qu’un examen isolé.
Retrouvez nos autres conseils audition.
Cette page vous informe. Elle ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un ORL, qui seul pose un diagnostic et prescrit un appareillage.